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Travailler ensemble: entre partenariat construit et partenariat contraint... La place du sujet est en jeu !

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5, 6 et 7 Juin 2018. BORDEAUX (33) - Rocher Palmer.

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Les politiques sanitaires et sociales, dans un souci d’économie, de rationalisation des moyens et de contrôle, changent d’orientation. On parle désormais de virage ambulatoire (désinstitutionalisation) et d’inclusion (accès pour tous aux dispositifs de droit commun).

Ainsi, pour la personne en situation de handicap, de fragilité, de précarité ou de dépendance, la logique de « place » en établissement, service ou dispositif ... disparaît au profit de celle de « parcours ». Ce dernier s’affirmant comme le nouveau modèle d’accompagnement en prise sur le projet de vie, la personne évoluera désormais sur un territoire au sein d’une plateforme de services techniques, guidée par un gestionnaire de parcours.

Ces dispositifs sont sensés garantir à la personne le respect de ses droits tout en répondant mieux à ses besoins.

A tous les étages des organisations proposées et de la mise en œuvre de ces politiques, le « format entrepreneurial affirme désormais son hégémonie modélisatrice (…) inspire directement les actions publiques, l’organisation de l’Etat et le fonctionnement de l’administration ».1

S’intensifient la mutualisation des moyens, les groupements, les CPOM, la réforme tarifaire, le pilotage par projet, l’évolution du management…

Dans ce nouveau cadre, construire des partenariats devient une injonction !

Les  professionnels de l’accompagnement sont convaincus depuis longtemps des vertus du « travail ensemble » 2, mais s’inquiètent cependant des dérives que ces nouvelles orientations politiques peuvent générer dans les pratiques.

Peut-on être partenaires lorsque les procédures d’appel à projet mettent en compétition les Associations et peut-on coopérer quand on est menacé de disparition ?

Pour les personnes accompagnées, les dispositifs censés fluidifier leur parcours et répondre à la complexité des situations peuvent apparaître comme des nébuleuses où elles peinent à se repérer.

Enfin, le partenariat peut-il être ordonné par des instances extérieures d’une façon normative ou doit-il être construit pas à pas avec la personne à l’aune de ses aspirations ?

Il s’agit d’établir une relation de confiance sans enjeux de pouvoirs entre des partenaires parmi lesquels figure le sujet.

Pour établir ce lien, il est avant tout question de langage et il faudra bien, au-delà du formalisme, des conventions préétablies, de nos pratiques spécialisées, se parler, s’entendre… se comprendre et se respecter.

 

Nous articulerons nos travaux autour de ces questions pendant ces trois journées.

 

1 Roland JANVIER -  les cahiers de l’ACTIF n°474-475 nov. déc. 2015- « Jeux d’acteurs et stratégies de positionnement des ESSMS sur le « marché » du social et du médico-social »

2 Fabrice DHUME – « Du travail social au travail ensemble » édition ASH décembre 2010.